E-TIC/Guédé-Chantier
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Introduction
Ce chapitre introduit la Commune de Guédé-Chantier (Région de Saint-Louis) et présente une analyse de la situation de la Commune en matière d’agriculture, d’élevage et de pêche, ainsi que par rapport à l’éducation, la culture, les traditions et la santé. La situation est présentée de manière comparative entre 2002, moment où la population a participé à des assises sur ces questions et 2010, moment de mise en œuvre du projet E-TIC. Nous nous penchons en particulier sur les questions liées à la communication et des différents outils disponibles pour informer les agriculteurs, les pêcheurs et les éleveurs.
Situation géographique et démographie
Le village se trouve dans la Vallée du fleuve Sénégal, à une vingtaine de kilomètres de Podor et compte 7.000 habitants, 12.000 avec les environs. Les localités les plus proches sont Mbantou, Kope, Nangango, Ouro Boubou, Aniam Touguel et Mboyo. Les quartiers sont au nombre de six :
- Brigal : Chef de quartier – Abou Diop
- Fersbe : Chef de quartier – Amadou Saïdou Diallo
- Legal : Chef de quartier – Funangue Mama Beli Hanne
- Guede : Chef de quartier – Baka Diop
- Tivaoune : Chef de quartier – Djibi Samb
- Dieri : Chef de quartier – Ba Kamara
Le village de Guédé-Chantier est confiné à l'intérieur d'un espace habitable très limité (10 ha) entouré par des champs irrigués et des dépressions inondables.
La commune et son maire s’occupe des points suivants : santé, éducation, le social, environnement, marché, gestion des espaces publics, éclairage public.
Quant à l’Etat, il est responsable pour les questions d’agriculture et d’hydraulique. L’acteur clé pour ces deux points est la SAED, Société Nationale d'Aménagement et d'Exploitation des Terres du Delta du Fleuve Sénégal. Son directeur général est M. Mamadou Demme, aussi Maire de la Commune de Golléré.
Histoire de la Commune
Guédé-Chantier est un village fondé en 1933 par des Français qui souhaitaient y introduire l'agriculture irriguée. Sa population d'origine a été constituée de colons venus des contrées voisines et lointaines du Fouta. Avant cela, la terre n’avait pas été cultivée mais laissée sauvage et était avant tout constituée de pâturages – pour des animaux.
La Commune doit son développement à la performance de l'agriculture irriguée. Plusieurs institutions d'encadrement technique s'y sont succédé pour appuyer son développement agricole, dont l'Organisation Autonome de la Vallée - OAV, la Mission Agricole Chinoise de Taiwan puis de la Chine populaire et la SAED. Celles-ci ont largement contribué au développement et au rayonnement du village grâce aux productions tirées du périmètre alors quasi-unique source de revenus des villageois. Grâce à ces appuis techniques, les habitants de Guédé-Chantier ont réussi des prouesses techniques en riziculture (trois récoltes annuelles avec des pointes de rendement dépassant les 10 tonnes à l'hectare) rarement égalées ailleurs dans la région. La production du riz, à la fois culture vivrière et commerciale pour les villageois, était complétée par d'autres ressources locales (élevage, pêche et cultures de décrue en années favorables à partir de terres du walo).
Auparavant, la riziculture se déroulait dans un aménagement primaire à submersion contrôlée. Il en a été ainsi jusqu'à l'arrivée de la première mission chinoise en 1970 qui a aidé à aménager et à exploiter une centaine d'hectares avec une maîtrise partielle de l'eau. Pendant les années 90, sous l'ère de la SAED, une réhabilitation du périmètre financée par des fonds arabes a permis de faire un aménagement tertiaire avec une maîtrise totale de l'eau et un début de diversification des cultures avec la tomate industrielle entre autres.
Avec l'ajustement structurel des années 1980, l'Etat s'est désengagé d'un certain nombre de secteurs de la production. Les paysans, mal préparés à ce changement, n'ont pu se réorganiser en conséquence pour maintenir le niveau de productivité du périmètre. Parallèlement, la croissance démographique et l'ouverture du village vers l'extérieur ont fait naître de nouvelles habitudes qui ont engendré de nouveaux besoins au sein de la population en quête d'un bien être social. Il en a résulté un déséquilibre entre les besoins de la population et les possibilités économiques. Cette situation a plongé le village dans un marasme économique et social persistant.
Au début des années 2000, la production agricole a connu une baisse des rendements due à une surexploitation des terres, un manque d’organisation des paysans, l’excès des engrais et des produits phytosanitaires chimiques, ainsi qu’un système de crédit lourd et coûteux. Les surfaces cultivées par famille s’étaient rétrécies du fait de l’accroissement démographique. Les revenus agricoles ont diminué au point de ne plus permettre une prise en charge correcte des besoins familiaux en santé, éducation, et diverses autres infrastructures sociales.
Ces problèmes ont motivé une mobilisation des populations de Guédé qui se sont engagées dans un processus de recherche de stratégies de solution de crise. Elles ont pris l'initiative de rassembler les compétences internes et externes pour faire analyser la situation et proposer des axes d'évolution. C'est ainsi qu'elles ont initié un processus communautaire qui a démarré par les journées de réflexion du 13 au 15 septembre 2002. Certaines des conclusions obtenues seront présentées plus loin dans ce rapport. Guédé-Chantier est le premier village de la Vallée du Fleuve Sénégal à adhérer au réseau des éco-villages du Sénégal en 2007. Après de nombreuses années de mobilisation, un décret présidentiel du mois de juillet 2008 promeut le village de Guédé-Chantier en commune, ce qui lui donne plus de poids politique (du niveau national) et lui confère plus de moyens financiers (subventions et budget communal), ainsi qu’une meilleure information et implication dans les décisions politiques qui affectent le département. Ousmane Pame est le tout premier Maire de Guédé-Chantier, élu en 2009 pour 5 ans. Il a 43 ans et vit avec sa famille (épouse et trois enfants âgés de 4, 7 et 10 ans) à Dakar, où il enseigne au sein du département langue et culture de l’Université de Cheikh Anta Diop. Guédé-Chantier a aussi un Maire résident qui est basé à Guédé-Chantier et s’appelle Ibrahima Anne. Le premier adjoint au Maire est enseignant et s’appelle Amadou Sy.
Agriculture
Nous avons mené un nombre d’entretiens avec différentes personnes ressources de Guédé-Chantier, dont des pêcheurs, des éleveurs et des agriculteurs. En outre, nous avons repris certaines réalités documentées dans les comptes rendus des assises de 2002 qui restent valable aujourd’hui.
L'origine historique du village, sa démographie (estimée à 7.000 habitants) et sa configuration géographique (zone inondable) sont telles que ses habitants sont aujourd'hui confrontés à un problème d'espace habitable. Si cette réalité s’est légèrement amélioré du fait que Guédé-Chantier soit devenue une commune, il persiste un flou litigieux sur le nombre d’hectares que Guédé-Chantier. En effet, il y a un terrain de 40 ha disputé entre Guédé-Village et Guédé Chantier.
Toutes les familles tentent de développer des stratégies de survie avec des fortunes diverses. Pendant que certaines se diversifient en exploitant de petits aménagements privés communément appelés « projets », d'autres recourent au petit commerce ou encore au travail salarié en ville ou empruntent le chemin douloureux de l'émigration internationale.
Sur le plan social, les productions irriguées étaient gérées par des organisations paysannes (OP) à l'image de toute la vallée du fleuve Sénégal. En effet, le développement de l'agriculture irriguée supposait la mobilisation de ressources et de moyens auxquels le paysan ne pouvait accéder que lorsqu'il intègre un cadre organisationnel communautaire où la solidarité jouait pleinement son rôle. Les organisations paysannes telles qu'elles existaient essaient de répondre à cette préoccupation ; L'ensemble des exploitants du périmètre (y compris les alentours de Guédé-Chantier) étaient regroupés en 16 GIE selon les affinités sociales des individus (9 GIE se trouvent directement à Guédé-Chantier). Youssouf Diop est le président de l’Union des coopératives paysannes. Chaque GIE exploite une maille hydraulique et gérait directement ses crédits vis à vis de la CNCAS et ses rapports avec différents prestataires. L'ensemble des GIE formait l'Union des GIE chargée de la gestion des ouvrages communs (stations de pompage et de drainage) et de l'entretien du réseau d'irrigation.
Pratiques agricoles : Pour la grande majorité des agriculteurs, les pratiques agricoles sont conventionnelles, utilisant des engrais et des pesticides. Bien qu’ils soient conscients du fait que ces pratiques ne sont pas basées sur une approche de durabilité à terme, ils ont également souligné que les pratiques d’agriculture bio ne sont pas actuellement suffisamment connues pour garantir des récoltes suffisantes qui permettent de rembourser les crédits et intérêts qui sont nécessaires pour entamer un nouveau cycle de cultures (achat des semences, paiement des travailleurs, nécessaires pour pouvoir vendre, au bout du compte, les produits sur le marché).
Les banques ne semblent pas être intéressées par les formes d’agriculture biologique car ces pratiques nécessitent des prêts inférieurs à ceux nécessaires pour les pratiques agricoles conventionnelles (plus besoin de prêts pour les engrais et les pesticides), ce qui signifie un manque à gagner pour les banques.
Quant au gouvernement, il n’appuie pas l’agriculture bio non plus. Si la SAED, association étatique qui détermine les prix du riz, devait le faire, alors les agriculteurs seraient plus facilement susceptibles de suivre. A Guédé-Chantier, le chef du périmètre rizicole est M. Saido Diallo, agent de la SAED. Pour l’instant, la SAED promeut des pratiques conventionnelles, coincées par les moyens de l’Etat, les financements de l’Union Européenne, etc.
Les personnes interviewées ont trouvé que l’agriculture bio pourrait être testée grâce à des subventions comme cela a été fait par ENDA depuis 5 ans (ONG qui travaille au Sénégal et qui a initié un projet de riz bio dans la région de Guédé-Chantier).
Ce sont essentiellement les conséquences de l'ajustement structurel qui a entraîné un retrait brusque de l'Etat dans les activités de production (crédit, fournitures, commercialisation et diverses prestations). Ce désengagement a créé un vide démobilisateur chez les paysans mal préparés. Quelques opérateurs privés s'efforcent de le combler mais avec un succès plutôt mitigé. La faible solvabilité des paysans et le caractère aléatoire de la production découragent les institutions financières qui se retirent du secteur. Seule la CNCAS finance le crédit de campagne mais uniquement si les spéculations donnent une garantie de remboursement (la tomate industrielle en particulier). Pour les autres productions, comme le riz et les produits maraîchers, les producteurs doivent recourir à leurs réserves personnelles ou s'adresser directement au marché informel en se soumettant à toute forme de spéculation. Par ailleurs, la libéralisation des prix au niveau des producteurs et le mauvais calage des cycles de culture rendent l'écoulement des récoltes très difficile. La récolte quasi-simultanée dans plusieurs zones entraîne une mise en marché massive de produits périssables. Trop souvent, les prix chutent fortement au grand détriment des paysans qui bradent leurs productions pour ne pas tout perdre.
Prix de marché : Il existe une marge pour la spéculation, notamment du riz, avec des intermédiaires qui achètent de grandes quantités de riz, lorsque le kilo se paie entre CFA 200 et 250 (EUR 0.30 et 0.38). Ils gardent le riz dans un dépôt de stockage pendant quelques semaines pour le ressortir lorsque les agriculteurs ont tout vendu (période de six semaines environ). Là, ils vendent le riz au prix de CFA 350 (EUR 0.54), soit presque au prix double. Kg tomates : 30 CFA, saison de février à avril Kg oignons : 50 CFA, des jeunes vont jusqu’à Dakar pour vendre les oignons et aussi à Saint Louis, c’est possible grâce au regroupement de jeunes – composés de voisins Kg riz podi : 90 CFA, saison février mars et mai, puis récolte en juin ; puis deuxième saison de juillet, août, septembre avec récolte fin septembre octobre Mais sur le chemin après Richard Toll, kg riz 300 CFA Kg mil : 100 CFA Mangues par caisse de 20kg : 3000 – 3500 CFA, villages avoisinants pour aller vendre ces produits
La Coopérative SAED fixe les prix
Problèmes : les retards des banques, mais également les coupures d’électricité qui posent problème pour l’irrigation, car la pompe fonctionne avec l’électricité, sans électricité pas d’irrigation, et donc pas de récolte. Souvent, les tomates et autres produits sont vendus à des prix dérisoires, alors que ces mêmes produits sont vendus beaucoup plus chers plus loin dans la chaîne de valeurs et de commercialisation. Il semble par conséquent que des informations plus complètes et justes concernant les marchés et une communication améliorée entre acteurs pourraient être d’une grande aide. Bien entendu, l’information devrait venir de sources fiables et ne devrait pas être contrôlée juste par un petit nombre de personnes privilégiées. Par exemple, il serait utile de savoir combien coûte un certain produit dans le village voisin et de connaître l’état de l’offre et de la demande afin d’éviter de se déplacer en vain si la demande est inférieure à l’offre.
Le riz qui serait normalement vendu à CFA 200 (EUR 0.30) le kilo pour du riz conventionnel serait vendu 4 ou 5 fois ce prix pour le riz bio, selon les agriculteurs interviewés. Ils soulignent en outre qu’à leur connaissance, l’agriculture bio ne permettrait pas d’obtenir des récoltes suffisantes pour représenter une solution viable (alternative). Cela changerait si la SAED et d’autres associations et coopératives adoptaient une position proactive en faveur de la promotion des pratiques alternatives et si le gouvernement prenait des mesures de sensibilisation afin d’augmenter la conscience des agriculteurs quant aux effets négatifs des pratiques conventionnelles à termes, tout en offrant également un encouragement et une aide financière pour les agriculteurs. Il ressort donc qu’une campagne de sensibilisation serait donc nécessaire pour mieux informer sur les réalités et possibilités des cultures bios.
M. et Mme Labbo, agriculteurs de riz conventionnel, ont souligné que la culture de riz bio n’est pas populaire. Mme Labbo vend le riz essentiellement sur le marché local, en direct, mais a aussi parlé des intermédiaires. Elle était gênée de dire qu’elle n’avait pas de téléphone portable.
Jardin d’essaie : Le jardin d’essaie est un espace où sont cultivées des plantes médicinales, des arbres fruitiers. On y pratique également de l’apiculture.
Elevage
Les assises de 2002 avait identifié une dégradation des conditions pour l’élevage à cause des péjorations climatiques (sécheresse) aggravées par l'accroissement de la taille du cheptel et la réduction de l'espace due au développement de l'irrigation. En 2010, ces difficultés sont toujours une réalité. Pour beaucoup de familles tentent des initiatives en embouche et en production d'espèces à cycle court (aviculture) mais se heurtent à un manque d'appuis. Le village déplore l'absence d'un agent de santé animale pour aider à faire face aux nombreuses maladies infectieuses et parasitaires liées à l'écosystème villageois très marqué par les eaux stagnantes. En matière de comparaison de prix, les mêmes observations s’appliquent que pour l’agriculture. Ainsi, un kilogramme de viande de mouton est vendu à CFA 1500 (EUR 2.30) sur le chemin entre Saint Louis et Thiès et se vend à CFA 2200 (EUR 3.38) à Dakar.
Nous avons eu l’occasion d’échanger avec des éleveurs dans la région de Richard Toll, à quelques kilomètres de Guédé-Chantier. Ils ont expliqué qu’ils voyagent 50 kilomètres tous les deux jours afin de permettre à leurs animaux (bovidés) de s’abreuver au niveau du fleuve. Les deux éleveurs interviewés possèdent tous les deux des téléphones portables, ils vendent les animaux plutôt que la viande, l’eau est un problème. Prix : Moutons : prix tabasqi CFA 100.000 – 150.000, prix normal CFA 25.000, 30.000 jusqu’à 40.000 suivant la taille, l’âge et la santé de l’anmial Chèvre : CFA 10.000 à 15.000 Poules : CFA 1.000 à 1.500, coq à peu près la même chose avec quelques petites différences
Les personnes peuvent vendre leurs animaux pour acheter des médicaments, se faire soigner par exemple. Les prix des animaux dépendent de l’état de santé, de l’âge et de la taille de l’anmial. La plupart des personnes vendent leurs animaux sur le marché local qui est hébdomadaire, tous les samedis à Guédé-Chantier. Vache : cher CFA 200.000 à 250.000 Petite : 130.000 (vaux) Dakar peut aller jusqu’à CFA 500.000 Cheval : CFA 400.000 à 475.000 Pêche
Pêche
Dans la région de Guédé-Chantier, la pêche fluviale a toujours été une activité réservée au groupe socioprofessionnel des pêcheurs (soubalbé). Jadis exercée dans les plans d'eau peu profonds après les crues du fleuve, cette activité a beaucoup perdu de son importance depuis la mise en eau des barrages (Diama, Manantaly, Foumouguéleyta). Le nouveau flux hydrodynamique du fleuve fait que le poisson a tendance à rester dans la partie avale pendant la saison sèche.
Environ 60 familles de pêcheurs (soit environ 300 personnes) vivent à Guédé-Chantier. Parmi ces familles, 80% ont comme nom « Diop ». Ils ont presque tous le même ancêtre, le « Jaltabe » (ce qui veut dire le chef des pêcheurs). Nous avons eu l’occasion de discuter avec le président de l’association des pêcheurs, M. Diop. Lui-même a travaillé pendant sa vie active (plus de 30 ans) à Dakar, pour des compagnies japonaises et espagnoles. Au moment de sa retraite, il a décidé de rentrer au village. Il est aujourd’hui le président de l’association des pêcheurs. Il affirme d’observer des changements en ce qui concerne la qualité de l’eau ces dernières années à Guédé-Chantier et dit que ces changements seraient dus aux produits chimiques qui sont déversés dans le fleuve, utilisés dans le cadre de certaines pratiques agricoles, ce qui a pour conséquence une réduction de la population de poissons.
M. Diop a souligné, en outre, que les poissons sont directement vendus sur le marché local, mais aussi que les pêcheurs vont sur les marchés des villages voisins.
M. Diop utilise un téléphone portable, il trouve très utile de pouvoir communiquer avec sa famille, mais affirme qu’il serait également très utile d’utiliser ce moyen de communication pour échanger des informations liées à la pêche (prix pratiqués dans les marchés voisins, vérification de l’offre et de la demande globalement).
Il a également dit qu’il pensait qu’il serait tout à fait utile de sensibiliser les populations aux problèmes de la pollution, particulièrement de l’eau. Il a mentionné que les pêcheurs auraient besoin d’un nouvel équipement (filets, bateaux, remorque frigorifiée pour garder le poisson au frais, etc.) et que financièrement ils n’étaient actuellement pas en mesure d’acheter ce nouveau matériel.
Hydraulique
Guédé dispose d'une infrastructure hydraulique (château d’eau, réseau de distribution de l’eau, forage) construite en 1991 sur financement de la coopération chinoise. Elle est composée d'un forage équipé d'un moteur thermique de 2 cylindres, d'une pompe immergée, d'un réservoir de 100 m3, de 1800 m de canalisation, de 6 bornes fontaines publiques et d'une de raccordements privés.
Langues et Culture
100% de la population parlent le pulaar (hal pulaar), 30% le wolof, 15-20% le français, une minorité lit l’arabe (plus une langue passive, apprise à l’école coranique, donc compétences écrites et de lecture, mais moins orales). Elle est de confession musulmane (100%).
Le taux d'alphabétisation de la population adulte en pulaar ou en français est d’environ 20% de la population. Pratiquement, tous les habitants du village sont allés à l’école coranique.
Education
Guédé possède quatre écoles, dont trois primaires et une secondaire. La première école primaire française a été créée en 1958. Pendant 10 ans (de 1958 à 1967), elle a fonctionné avec une seule classe. A partir de 1968, elle s'est dotée de 2 classes, puis de 3 en 1972. Depuis lors, le nombre de classes est allé croissant. Aujourd’hui, Guédé-Chantier a deux une école préscolaire, deux écoles primaires et une école secondaire, fréquentées par 1.500 élèves et la secondaire accueille 600 élèves. Les différentes écoles emploient actuellement environ 45 enseignants, dont 3 volontaires et un mélange de fonctionnaires et de professeurs engagés par contrat à durée déterminée.
Il existe une association des parents d'élèves (APE) qui appuie les directeurs et le principal dans les démarches et la gestion des infrastructures. Celle-ci s'acquitte correctement de ses missions d'appui au directeur. Par contre on note un déficit de communication et des défaillances dans la concertation entre l'école et les parents.
L'enseignement coranique est également très pratiqué dans le village. Il existe 15 maîtres qui officient dans 15 foyers d'enseignement coranique sur la base du bénévolat avec des effectifs variant entre 20 et 30 disciples. Tel qu'il est pratiqué actuellement, l'enseignement coranique ne dispense que des connaissances théoriques essentiellement tournées vers la mémorisation des versets du livre saint. Il ne bénéficie ni d'appui matériel (rémunération des maîtres, locaux, couverture médicale, nourriture) ni d’appui pédagogique. Il manque donc d'efficacité au grand détriment des élèves (surtout les non-résidents). Les populations le reconnaissent et estiment que quelque chose doit être fait pour améliorer la qualité de cet enseignement.
L'alphabétisation fonctionnelle en langues nationales commence à faire des percées dans la zone par le biais d’organismes d'appui et des ONG. A l'instar des autres localités du département, la SAED y avait ouvert durant 2 ans deux classes d'alphabétisation avec 60 participants qui fonctionnent bien même si quelques améliorations sont souhaitées.
Economie et Commerce
80% des habitants sont des agriculteurs, 20% sont des pêcheurs, commerçants ou employés communaux. Les activités les plus courantes sont donc l’agriculture, l’élevage et la pêche. Pour l’agriculture, il y a deux saisons : une saison froide d’octobre à mars/avril (polycultures – tomates, oignons, salades et légumes, choux) ; puis une saison chaude qui va de mai à septembre (monoculture : riz). Les terres sont irriguées avec l’eau du fleuve. Actuellement la disponibilité de l’eau n’est pas un problème ici.
Santé
Le village dispose d'un poste de santé fonctionnel construit en 1968 par les populations. Il est composé d'un bloc de 3 salles de soin, d'un logement, d'une « maternité », d'une pharmacie (Initiative de Bamako - IB) et d'un magasin. L'ensemble est doté d’électricité et est équipé d'une chaîne de froid fonctionnelle. Le personnel est composé d'un Infirmier Chef de Poste (lCP), de trois matrones villageoises et d'un Agent de Santé Communautaire (ASC). Un nouveau comité de gestion a été installé au moins de février 2010. Sa mission est d’assurer la gestion des infrastructures et du personnel local (matrones et ASC). Parmi les problèmes évoqués, les populations soulignent les maladies hydriques liées aux canalisations à ciel ouvert (par exemple la bilharziose) et des faiblesses dans la gestion du dispositif par le comité de santé. Le transfert des malades à l'hôpital de Ndioum pose également des problèmes aux familles démunies, faute de moyens financiers et de véhicules adaptés. Le président du comité de gestion du Centre est M. Bocar Sou qui affirme que les technologies de l’information et de la communication sont très utiles et pourraient être utilisées davantage pour le travail de sensibilisation à certaines maladies, telles que la bilharziose (un parasite très courant dans la région qui pénètre dans le corps lorsque les victimes vont nager. Cette maladie causée par l’eau stagnante a comme conséquence que les personnes et les animaux urinent du sang), le paludisme, les diarrhées, la mortalité enfantine, etc.
Communication
Téléphones portables : Actuellement, les téléphones portables constituent le moyen de communication le plus utilisé. Cela étant, le maire souligne qu’il serait très utile d’avoir une radio communautaire. Il y a deux solutions : la première de faire de sorte que la radio la plus proche, à 150 km de là, puisse atteindre le village, ou alors l’installation d’une radio propre pour Guédé-Chantier, Guédé-Village et environs.
Internet : Il y a une connexion Internet dans un cyber café mais qui n’est pas largement utilisé. EREV, en collaboration avec la mairie, a installé 30 ordinateurs dans un nouveau centre de formation où sont enseignés les logiciels de bureautique (Word, Excel, etc.). Il s’agit de cours d’initiation à l’informatique, avec un enseignant au Centre. L’achat des ordinateurs a coûté CFA 1.300.000 (EUR 2000) dont environ CFA 600.000 (EUR 923) ont été payés (vérifier chiffres). Le maire estime qu’une installation d’Internet couterait CFA 150.000 (EUR 650). Le Centre ne dispose pas de connexion Internet actuellement. Les cartes prépayées pour Internet coûtent CFA 23.000 (EUR 35.5).
Radio communautaire : Il serait intéressant aussi d’obtenir des informations pour voir dans quelle mesure il est possible d’installer une nouvelle radio communautaire. Ceci ne peut se faire dans le cadre de ce projet, mais nous pouvons obtenir toutes les informations nécessaires pour la compréhension des possibilités futures. La radio devrait alors diffuser des programmes adaptés et pertinents, en pulaar et en français notamment. Parmi les informations pourraient être les avis de mariage et de décès, l’annonce de meetings politiques, les communiqués concernant la perte et recherche de troupeaux (en fonction d’un descriptif des vaches et de leurs couleurs, du nombre d’animaux, etc.).
Service SMS : A la question de savoir si Manobi (logiciel qui est installé sur des modèles de téléphones spécifique) serait la bonne solution, le Maire pense qu’il est préférable d’avoir une application qui serait utilisable par n’importe quel téléphone portable et non seulement ceux qui ont une application « Manobi » (solution SMS possible). Avec une solution générale comme celle-ci, le Maire pense qu’il serait possible d’atteindre un maximum de personnes et non juste quelques privilégiés. EREV – Télécentre et Ecole d’Information : De l'entretien avec le Coordinateur du Centre, M. Mama Abou Diop, conseiller personnel du Maire qui joue le rôle d’enseignant. En collaboration avec le Maire, 30 machines ont été installées dans un Centre de formation nouvellement créé. Ce centre de formation offre des cours pour les logiciels de bureautique de Microsoft et des cours d’initiation à l’informatique, mais n’est pas actuellement connecté à l’ADSL ou à un autre dispositif de connexion. Ce centre sera le pivot des formations du projet E-TIC, comme l’une des Vitrines du Sahel. Le président du Comité de gestion du Centre informatique est M. Hamet Thiam, aussi Conseiller Municipal et encadreur agricole. Il s’occupe de la conception et du suivi du projet.
Jeunesse et promotion féminine
Le Conseil communal de Guédé-Chantier est composé par 40 conseillers, dont 4 femmes. Sur les quatre, deux sont analphabètes, une est secrétaire et une institutrice à l’école primaire. Le commissaire des femmes s’appelle Aissetem.
De manière générale, il y a une répartition des tâches entre hommes et femmes au sein de la famille. Les hommes gagnent la vie et sont propriétaires de la maison. Les femmes, quant à elles, sont responsables pour l’éducation des enfants, la cuisine et tout ce qui se passe à l’intérieur de la maison. Elles sont en charges des stocks d’alimentation. Ce sont donc les hommes qui achètent mais les femmes qui gèrent. Elles organisent les cérémonies, mais ce sont les hommes qui font les discours officiels.
Dans le champ, les femmes s’occupent du vannage, du repiquage, de la chasse aux oiseaux et de la vente des poissons et des légumes. Les hommes, quant à eux, prennent en charge toutes les tâches qui demandent un effort physique important.
Il existe au sein du village plusieurs regroupements (Groupement d'intérêt économique - GIE, associations...) de jeunes et de femmes. Leurs centres d'intérêt tournent autour de l'agriculture, des prestations et des activités récréatives. Certains disposent d'équipements (Groupement Mutualiste Pastoral – Groupement Moto Pompe (GMP), décortiqueuses...), de terres cultivables et même de locaux. Malgré tout, les jeunes et les femmes déplorent l'insuffisance de moyens pour mener des activités génératrices de revenus. Il existe de nombreuses potentialités au niveau local (pisciculture, apiculture, arboriculture, ramassage et recyclage des ordures ménagères, assainissement, etc.). L’une des associations de jeunes s’appelle Jawaan. Le président est le premier adjoint du Maire, Amadou Sy.
